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lundi 20 janvier 2014

Orthez, des souverains de Moncade et de Foix à Guy Amalfitano

La ville d'Orthez a toujours ses héros, dignes de son passé prestigieux. Elle a en effet été la capitale du Béarn pendant deux siècles. Vous pouvez voir des photos des monuments témoignant de son prestigieux passé  à la fin de l'article. Puis Orthez a abrité les frères Elisée et Elie Reclus, les frères gaston et Francis Planté et l'écrivain Francis Jammes. 
Mais le héros d' Orthez dont nous avons fêté la venue durant cette année scolaire 2013/2014 est Guy Amalfitano. Il a terminé son périple en France de 6006 km en passant par nos lycées professionnels agricole et Francis Jammes. Sa sportivité et son courage nous ont sensibilisés à la lutte contre le cancer.

Arrivée de Guy Amalfitano, le 6 septembre 2013

Guy Amalfitano

Guy et ses amis motards, qui l'accompagnaient

Revenons au passé ! Voici quelques photos de monuments Orthéziens :


La Tour  Moncade
La tour Moncade a été édifiée en 1242 par Gaston VII de Moncade sur une butte culminant à 100 m d'altitude. Cette tour devint le siège de la cours de Gaston Fébus, qui la compléta de fortifications.


Le Pont Vieux d'Orthez
Ce pont fut construit au XIIIème et XIVème siècles. Il permettait le passage des pèlerins et des marchandises au dessus du Gave en toutes saisons.


Eglise saint Pierre
L'étude de la structure de l'église saint Pierre laisse penser à une construction remontant au XIIème siècle, antérieure à la ville fortifiée. Elle abrite une esquisse de Léon Bonnat pour son panneau du Panthéon - le Martyre de saint Denis - esquisse qui fut offerte par les Beaux-Arts en 1924.

Hôtel de la Lune
 L'Hôtel de la Lune est un bâtiment du 16ème siècle à l'architecture défensive. Il est aujourd’hui en partie une halte pour les pélerins de Saint Jacques de Compostelle.

Maison Jeanne d'Albret

La Maison Jeanne d'Albret est une riche demeure bourgeoise du 16ème siècle, elle fut donnée par Arnaud de Gachissans au roi Antoine de Bourbon et à Jeanne d’Albret, mère du futur Henri IV.
Elle accueille aujourd’hui au rez de chaussée l’Office de Tourisme, et au premier étage le Musée du Protestantisme Béarnais.


Mémorial à la résistance et à la déportation
Monument en hommage aux résistants et aux victimes de la barbarie nazie.

mardi 14 janvier 2014

Les acteurs de la course landaise : l'écarteur, le sauteur et la vache

Voici notre deuxième article consacré à la course landaise. Thibaut a choisi des photos où s'illustrent des amis qui ont aussi étudié dans notre lycée : Mathieu Noguès, champion de France des écarteurs à trois reprises et champion de France des vaches sans corde cinq fois consécutives ; Xavier Piraube, élève en seconde CGEA ; Hugo Viney-Thomas, champion de France en 2009 ; Laurent Darrouzès, sauteur à l' Armagnacaise ; Alexandre Duthen, écarteur à l'Armagnacaise.

L'écarteur  

C'est un personnage essentiel de la Course Landaise, il affronte la vache sauvage du centre de la piste en l’appelant pour provoquer sa charge. Le second, derrière lui, aura pour rôle d’attirer l’animal à lui quand l’écart sera effectué.

Thibaut Busquet provoquant la charge de l'animal.
Au bout de l’arène, l’entraîneur, depuis le refuge (appelé aussi talenquère), place la vache et la dirige vers l’écarteur.
 

Entraîneurs plaçant la vache dans de bonnes conditions avant de la lâcher
Au moment où la vache fonce sur lui et donne un coup de tête pour le prendre, il l’esquive d’un écart qui laisse passer la vache au creux de ses reins en perdant le moins de terrain possible.

Un écart sans perte de terrain. La vache et l'écarteur ne font qu'un.
Il existe deux formes d’écart : l’écart sur la feinte.

A l’approche de la vache, il la « jette » du côté opposé où il compte sortir en avançant en inclinant légèrement le buste dans cette direction, invitant ainsi la vache à frapper de côté tout en tournant au dernier instant du côté opposé.

L'écarteur incline son buste ...

... jette la vache du côté opposé où il veut tourner ...

... puis réalise l'écart.

L’écart sur le saut est le plus apprécié et le plus difficile. Quand la vache n’est plus qu’à quelques mètres, l’écarteur fait un saut pieds joints, avançant néanmoins légèrement la jambe opposée au côté où il compte tourner pour « embarquer » la vache dans cette direction. Au moment où ses pieds retombent sur le sol et que la vache donne le coup de tête, l’écarteur doit alors pivoter sur l’autre pied pour s’écarter et creuser les reins pour faire passer le corps de la vache.

Si cette stratégie échoue, c’est la tumade, l’écarteur n’a pas été assez rapide ou n’a pas laissé assez de place et la vache le voit, le prend avec ses cornes et le projette violemment au sol.

Spectaculaire tumade subie par l'écarteur.

Les sauteurs

Depuis que la Course Landaise existe, il y a eu des toreros landais qui, au lieu d’écarter, ont préféré sauter les vaches. Cependant, peu à peu depuis les années 1960, cette discipline s’est imposée comme un élément incontournable de la course. Mis à part quelques très rares exceptions, aujourd’hui le sauteur est avant tout un gymnaste qui réalise ses figures au dessus des cornes en mouvement.
Le saut pieds joints (pieds dans le béret et jambes liées par la cravate) est le premier qui fut pratiqué dès le 19ème siècle, il reste le plus difficile à réaliser car il faut, sans élan, s’élever à pieds joints à 1,40 m au minimum au-dessus d’une vache lancée.

Un saut pieds joints de Laurent Darrouzès
Le saut périlleux vrillé est le dernier arrivé ; il nécessite une maîtrise parfaite de la gestuelle.

Un saut périlleux vrillé
Les deux autres, classiques, sont le saut de l’ange, apparemment le plus facile et le saut périlleux classique.

Saut de l'ange

Saut périlleux

La vache landaise

C'est un animal sauvage, femelle du toro de corrida. 15 éleveurs (ganaderos) élèvent en semi liberté environ 1500 vaches landaises dont plus de la moitié sont nées dans les Landes. Cependant les éleveurs les plus importants achètent chaque année une centaine de vaches jeunes en Espagne dans les élevages de taureaux braves de la région de Salamanque pour compléter leur cheptel. En général, la vache sort pour la première fois dans l’arène sans corde à l’âge de 3 ou 4 ans et poursuit sa carrière jusqu’à 13 ans environ. Elle peut vivre plus de 20 ans et pèse entre 300 et 400 kg. (Poids d’un taureau : environ 450 à 600 kg).
Jeune vache sans corde

jeudi 26 décembre 2013

La Course Landaise

Beaucoup d'élèves et d'enseignants du lycée apprécient la course landaise. Il s'agit d'un sport typique de notre région. Cela n'a rien à voir avec la corrida car il n'y a pas de mise à mort ni aucune forme de violence. 
Thibaut Busquet, membre de l'équipe du TNLA est aussi un passionné de ce sport. Il est écarteur au sein de la ganadéria DAL située à Aire-sur-Adour (Landes 40). Il est vainqueur du concours individuel d'Estang à 2 troupeaux en seconde. Il souhaite communiquer sa passion au travers de plusieurs petits articles. Voici le premier, consacré à l'histoire de la course landaise :

La Course Landaise est pratiquée depuis plusieurs siècles dans le Sud-Ouest. Le document authentique le plus ancien est conservé aux archives nationales. C’était en 1457, les Landais avaient pour coutume de faire courir vaches et bœufs dans les rues de St Sever (40) à l’occasion des fêtes de la St Jean.
 
Vaches courant dans les rues de Saint-Sever

C’est au cours du 19ème siècle que deux évènements majeurs firent entrer la course landaise dans la modernité. Tout d’abord, ce fut l’obligation de pratiquer uniquement les courses dans les lieux délimités et fermés entourés de gradins, et non librement dans la rue comme c’était le cas jusque là.
 
Jeux taurins dans une "arène" formée par une succession de charrette
C’est dans cet espace limité de l’arène que naquirent d’abord l’écart puis le saut, les deux figures artistiques de la course landaise.

Anciens acteurs réalisant les deux figures artistiques de la course landaise


Ensuite ce fut, en août 1853, l’introduction du bétail d’origine ibérique qui se révéla plus apte que le bétail local à la pratique.
Troupeau de vaches
  C’est à la fin du même siècle que les toreros landais adoptèrent la tenue qu’ils portent toujours aujourd’hui : le pantalon blanc et le boléro de couleur agrémenté de paillettes d’or ou d’argent.
 
La tenue de l'écarteur landais

La corde et le teneur de corde apparurent à la même époque ainsi que les tampons au bout des cornes des coursières.

Une corde

Un teneur de corde
Tampons au bout des cornes


Aujourd'hui, la Course Landaise est un sport régional reconnu par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, géré par une Fédération Française créée en 1953. 



Les acteurs sont des sportifs de haut niveau et leurs prouesses athlétiques font l’admiration de tous durant les saisons de plus en plus longues : de début mars à fin octobre.

La Course landaise est aujourd’hui encore l’évènement principal des nombreuses fêtes de villages qui animent et rythment l’été gascon. Assister à une Course Landaise, c’est également être sûr de participer à un spectacle où vibre l’âme gasconne et où l’on peut encore rencontrer de vrais personnages et caractères aussi bien sur les gradins que dans l’arène !
 
A suivre...

mercredi 4 décembre 2013

La palombe, chasse des « Paloumayres »

Je vais vous présenter la chasse à la palombe (de son vrai nom « pigeon ramier »).
 


Cette chasse est traditionnelle du Grand Sud-Ouest, et vous l’avez compris, les « Paloumayres » sont les chasseurs de palombe. La période de chasse s’étend de fin septembre à mi-novembre, suivant la saison et les intempéries, avec un pic aux alentours de la Saint Luc, (on dit «  pour la Saint Luc, c’est le grand truc ! »), en règle générale entre le 10 et 25 octobre .C’est une migration qui vient de l'est, pour rejoindre les Pyrénées et passer en Espagne.
 


La chasse se fait de plusieurs façons :

en palombières : cabanes dans les arbres où on manœuvre des appeaux placés à la cime des arbres afin d'attirer les vols pour les faire poser sur les arbres de la palombière. Le but est d'imiter avec ces appeaux, qui sont des pigeons domestiques ou des palombes, des oiseaux posés dans le bois. On trouvera en général ces installations dans des bois de feuillus, hêtres et chênes. Ce mode de chasse est pratiqué dans les départements du Sud-Ouest jusqu'en Ile de France. Les chasseurs sont cachés dans une cabane d'où ils manœuvrent pour monter les appeaux en haut des arbres grâce à une poulie vissée à une branche. La palombière est camouflée, fondue dans la nature, généralement installée au sommet d'un petit côteau dominant toujours les alentours pour voir les palombes arriver de loin. 
 
 

au sol, de type landais : on manœuvre les appeaux pour attirer les vols et les faire poser sur les arbres de la palombière. Ensuite, on fait descendre les oiseaux au sol et on les capture vivants au filet. On trouvera en général ces installations dans des bois à dominance de pins. Ce type de palombière est traditionnellement rencontré dans les Landes, mais aussi en Gironde, dans le Gers et le Lot-et Garonne, car il n'y a que dans ces départements qu'il est autorisé d'installer des filets au sol. On trouve aussi des cabanes au sol où les chasseurs tirent les palombes posées dans les arbres. On rencontre aussi des palombières en forme de tunnel mesurant jusqu’à plus de 100 mètres de long. 
 

sur les cols pyrénéens: les palombes sont chassées avec des filets verticaux et tirées.